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Manipulation à l'assemblée Nationale et au Sénat

Dans un récent rapport l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques Christian BATAILLE et Claude BIRRAUX estiment que"le pic de Hubbert est un calcul dépassé!"


Les éléments inacceptables du rapport de l'OPECST du 15 mars 2006 concernant « Les Nouvelles Technologies de l'énergie et la séquestration du dioxyde de carbone » remis par MM .Christian BATAILLE et Claude BIRREAUX

Téléchargez le fichier sur le site energie2010






Mesdames, Messieurs, les Députés et Sénateurs


Le rapport cité en objet constitue certes un travail de compilation pour passer en revue l'actualité des différentes technologies existantes ou en cours de développement dans le domaine crucial des énergies.
Néanmoins dans cette imposante rédaction, se distinguent un certain nombre d'assertions qui entachent gravement l'utilité de ce document pour les députés et sénateurs qui souhaiteraient établir sur ces bases la stratégie énergétique nationale.

1) Une conclusion qui élude les véritables échéances

La meilleure illustration de cette analyse pour le moins tronquée du problème est dans la conclusion de la synthèse du rapport relative aux priorités à brève échéance:

- Des investissements énormes sont à réaliser dans les prochaines années
- Les mécanismes de réduction des émissions de CO2 doivent être modérés (sinon nous ne serons plus concurrentiels....).
- Les grandes dates de l'énergie concerneraient uniquement des rendez-vous technologiques. (pas de problème de ressource ....)

Ainsi, à aucun moment la question du management global des filières en vue de réduire les risques liés aux effets potentiels des pics de production pétrolière (2013- 2023 scénario DGEMP) et gazière n'est développée dans ce rapport.

Il y a dans ce document d'autres insuffisances et même des contrevérités qui dans l'ensemble orientent et manipulent le lecteur.






2) Sur le pétrole

au mieux un manque d'objectivité au pire une intention manifeste de détourner l'analyse

Le pic de HUBBERT ou maximum de production pétrolière est cité comme un calcul dépassé.
C'est pourtant une réalité bien concrète qui s'est déjà vérifiée dans la majorité des pays producteurs de pétrole et qui est intervenu pour le gaz sur le continent Nord américain et tout récemment pour l'Angleterre créant ces derniers mois une crise notoire en matière de fourniture de Gaz .
L'argumentaire développé à ce sujet est d'un optimisme affligeant :


- Reprenant sans discernement les seules données de l'AIE et de l'USGS (deux organismes très dépendants des Etats Unis et dont les données sont controversées par une part importante de la communauté scientifique et par la profession pétrolière et gazière elle-même)


- N'évoquant à aucun moment les rigidités techniques et physiques qui seront à l'origine de la baisse de production (alors même que la DGEMP dans sont rapport « L'industrie Pétrolière en 2004 » a sérieusement décrit en son chapitre 2 les éléments qui conditionnent un pic mondial de production pétrolière entre 2012 et 2023)

- Evoquant d'hypothétiques découvertes énormes en contredisant sans autres arguments les propres estimations mondiales des géologues.

- Déclamant finalement un nouveau slogan digne d'une compagnie pétrolière cherchant à faire monter son titre en bourse « Des réserves d'au moins 100 années de production. (quid de l'intégration de la demande croissante ? quid des possibilités effectives a produire ?)

- Ne recherchant a aucun moment à exposer les avis beaucoup moins optimistes et néanmoins expert la question est gérée en terme publicitaire plutôt qu'en management du risque.



3) Des recommandations sans consistance stratégique


En pages 387 du rapport on trouve 10 recommandations qui sont à la mesure de l'inconsistance politique du document.
Pèle mêle on discerne :

- des conseils triviaux :
« Appuyer telle recherche (donc pas telle autre ?) »,
« Renforcer l'industrie nationale du solaire photovoltaïque (tout ce rapport pour en arriver là ?) »,
« Appuyer les efforts de réduction des consommations des moteurs à combustion interne (encore une recommandation inattendue) »

- des recommandations commerciales :
« Appuyer les efforts d'agrément de l'EPR aux Etats- Unis » (s'agit-il d'un rapport de l'OPECST ou d'une plaquette d'AREVA ?)

- La dernière recommandation étant la plus perçante :
« Etablir ,dans les 5 ans ,des priorités dans les efforts de recherche et de développement » (SIC)









Notre conclusion :

Sous son aspect « expertise à l'attention des élus de la Nation » ce rapport est manipulateur et dilatoire :

1) Il élude intentionnellement les problématiques de pics de production pétrolière et gazière et nie des réalités désormais effectives pour la plus part des producteurs sur la planète. Optimiste à l'excès et abandonnant tout principe de précaution, il lance même un slogan digne d'une propagande de compagnie pétrolière.
2) Il minimise dans une large mesure les effets compensateurs à rechercher au moyen des énergies renouvelables. Et en particulier, Il est notoirement insuffisant en terme de développement de la filière bois une richesse énergétique remarquable de la France qui mérite un vrai faisceau de recherches visant à optimiser l'ensemble des procédés.
3) Il est sans discernement sur l'apport certes essentiel mais problématique du nucléaire.
4) Il passe totalement à coté des recommandations relatives aux actions de sobriété (ce qui nécessiterais un vrai programme de recherche intégrant une combinaison de disciplines scientifiques et sociologiques)
5) Il n'impulse aucun plan coordonné de substitution du pétrole et de ses dérivés dans les produits commercialisés, ce qui aurait été la moindre des orientations a développer dans le cadre des choix scientifiques et technologiques.
6) Minimisant les enjeux sociaux et économiques, Il ne suggère aucun surcroît d'effort en matière de prospective énergétique et endors la vigilance des élus sur la nature des enjeux et l'ampleur des actions à mener


Ce n'est donc pas avec un tel document que la représentation nationale pourra élaborer une démarche à la hauteur des enjeux.

Nous préconisons que ces questions auxquelles n'a pas répondu ce rapport soient posées dans le cadre du débat parlementaire et que les personnes associées aux groupes de travail des assemblées parlementaires soient issues non seulement des instances « sous contrôle »et par nature orthodoxes mais aussi des groupes indépendants qui mobilisent parmi les citoyens de nombreuses compétence et développent souvent une analyse indépendante des groupes de pression économiques si puissants dans l'activité énergétique.


Si nous vous avons convaincu de cette nécessité, nous vous proposons de prendre contact avec nous par energie.2010@wanadoo.fr afin d'envisager toute forme de collaboration.








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